13 août 2007
Poudres ( rue des)
Dans cette rue, des hôtels particuliers pèlent à la manière des platanes qui perdent leur écorce.
Pour protéger les passants, de forts grillages retiennent les fines plaques de pierre qui s’en détachent et que le temps réduit en une poudre rouge sang-de-boeuf qu'emportent les pluies et les vents.
On se dit qu’il suffirait de tout raser et rebâtir à neuf. Question de prudence, d'esthétique aussi. Ce sera fait, assure-t-on, lorsque les chercheurs auront enfin compris ce qui a déclenché la desquamation simultanée de toutes ces façades. On regarde avec nostalgie des photographies anciennes qui nous les montrent décorées à profusion d’arabesques, de frises, d’effigies d’animaux d’un étrange bestiaire et de balcons croulant sous des tentures lourdes comme des tapis persans.
